S comme… Spike Lee, Knicks fan Number 1 back

Quand on pense aux New York Knicks, on pense aussi souvent aux fans de la franchise.
Les Knicks fans sont nombreux, voir très nombreux.
On en retrouve à New York City forcément, mais pas que puisqu’il n’est pas rare de voir des jerseys Orange & Bleu peupler les gradins des autres salles Nba lorsqu’ils y jouent en déplacement.Et on peut même être un supporter de l’équipe de New York au delà des frontières américaines.
L’association Knicks Nation France en est la preuve bien vivante.
Mais il y a aussi nos amis de l’association NY Knicks Nation Germany/Austria, des communautés et comptes présents sur le net avec New York Knicks Italia, Knicks Zone, UkKnicks, Knicks Fans Brasil… et tellement d’autres qu’il serait trop long de tous les énumérer.

Qu’on le veuille ou non, il existe aussi beaucoup de clichés quand on parle des Knicks fans. Certains sont plutôt fondés et assumés, d’autres bien loin de la réalité.

OUI être supporter des Knicks c’est parfois/souvent/toujours (à vous de choisir) être nostalgique d’une époque dorée où l’équipe rivalisait avec les meilleures de la ligue, voir mieux était même championne Nba pour les plus anciens d’entre nous.

OUI être supporter des Knicks c’est souvent nourrir de grands espoirs en début de saison, au moment de la lottery, de la draft, de la free agency, de la trade deadline… avant de finir souvent déçus, puis repartir pour une nouvelle saison avec de nouveaux espoirs…

OUI les supporters des Knicks sont exigeants, quitte à huer ses propres joueurs quand ils ne se donnent pas suffisamment, voir pour certains rejeter les rookies qui vont faire leurs premiers pas en Nba en Orange & Bleu. Mais ça ne se passe pas qu’avec les supporters des Knicks.

OUI le public du Garden est aussi un brin chambreur. A croire que le trashtalk aurait aussi été inventé à New York.

OUI c’est vrai aussi que les Knicks fans sont du genre à s’enflammer assez vite quand leur équipe de cœur assure le spectacle au Garden. C’est de plus en plus rare ces dernières saisons mais le public du Garden est toujours prêt à s’enflammer. Et quand le Garden s’enflamme, c’est juste magique!

OUI beaucoup de touristes profitent aussi de leur séjour dans la grosse pomme pour venir assister à une rencontre des New York Knicks. Avec une salle du Madison Square Garden située en plein cœur de Manhattan, qui est particulièrement bien desservie (lire ici) et où l’on retrouve au moins 41 matchs à domicile par saison, quand on ne compte pas les matchs de playoffs bien sûr…
Mais le public qui peuple les presque 20 000 places de la plus vieille salle de la ligue n’est pas constitué que de touristes. Un argument que vous retrouverez souvent auprès des troller du net en mal d’argument pour expliquer comment une franchise sans résultat sportifs arrive tout de même à faire salle comble.

Et bien NON il n’y a pas QUE des touristes au Garden. On y retrouve également de nombreux locaux, des habitués des lieux, de vrais fans pour qui la franchise signifie beaucoup.

On pense par exemple à notre ami Anthony Donahue que nous avons déjà pu rencontrer lors de nos différents Mecca Trip.

On pense aussi à Gregory Armstrong, abonné aux Knicks depuis 27 ans

Mais aussi à Jamil Thomas aka hoodiesvintage dont la garde robe pourrait bien rivaliser avec celle de Spike

Ryan Saunders aussi possède un sacré dressing

Et que dire du véritable musée personnel de Chris Shammas

Mais les Knicks fans ont aussi des endroits qui leur sont dédiés en dehors du Madison Square Garden

Sans oublier la boutique vintage de Michael William aka Mr. Throwback dans le Lower East side

enfin certains même qui expriment aussi leur passion pour les Knicks au travers de leurs arts

On est bien loin de simples touristes de passages qui vont repartir avec une main géante en mousse.
Et puis il y a des stars qui elles aussi sont parfois originaire de New York, qui apprécient se retrouver au Madison Square Garden et qui se qualifient aussi de supporter des Knicks.

Ils sont assez nombreux à s’afficher en courtside aux matchs des Knicks. Bon peut-être moins régulièrement ces dernières saisons, la faute au faible niveau de jeu proposé par la franchise en pleine reconstruction, mais le casting de stars qui se relayent pour venir prendre place dans les celebrity row du Garden est assez impressionnants :

Edie Falco (Oz, les Sopranos, New York, police judiciaire…), Whoopi Goldberg (La Couleur pourpre, Sister Act, Eddie…), Steve Schirripa (Casino, Las Vegas Parano, Jersey Boys…), Ben Stiller (Mary à tout prix, Mon beau-père et moi, La Nuit au musée…), Tracy Morgan (Saturday Night Live, The Tracy Morgan Show), David Duchovny (X-Files, Californication…), Chris Rock (célèbre humouriste et acteur dans New Jack City, Le Flic de Beverly Hills 2, L’Arme fatale 4…) , Woody Allen (célébre réalisateur de Match Point, Blue Jasmine dans ses récents succès au box office…), Howard Stern (animateur radio, jury dans America’s Got Talent), Jon Stewart (The Daily Show), John McEnroe (ancien numéro 1 mondial à l’ATP, triple vainqueur de Wimbledon et quadrule vainqueur de l’US Open), Fat Joe (rappeur), John Turturro (The Big Lebowski, O’Brother, Do The Right Thing, Monk…), Michael Imperioli (Les Affranchis, Jungle Fever, Malcolm X, Les Soprano…), Jerry Ferrara (Entourage, Power…)

et encore cette liste est loin, très loin d’être exhaustive.

Mais LE fan star number one des New York Knicks c’est Shelton Jackson Lee que vous connaissez sûrement plus connu sous le nom de Spike Lee.

Existe-t-il dans la ligue une personnalité plus associée à une franchise Nba que Spike Lee et les New York Knicks?

Drake avec les Toronto Raptors?

Soyons sérieux deux minutes!

Seul Jack Nicholson pour les Los Angeles Lakers semble réellement en mesure de disputer ce titre à Spike.

 

Car notre cinéaste engagé est un supporter de l’équipe de New York de longue date.

Même s’il est né à Atlanta en 1957, d’une mère Jacqueline Carroll (née Shelton), professeure d’arts et de littérature, et d’un père Bill Lee, musicien et compositeur, ils vont ensuite s’installer dans le quartier de Fort Greene/Brooklyn. Une enfance passée dans son quartier de Brooklyn donc et durant laquelle il hérite de son légendaire surnom « Spike » que l’on doit à sa mère.

C’est aussi de cette période de date les premiers et meilleurs souvenirs du jeune Spike assistant à des rencontres des Knicks au Madison Square Garden.

Il n’avait alors que 13 ans lors des finales Nba de 1970 et était présent au Garden lors du fameux Game 7, le célèbre Willis Reed Game qui va offrir à la ville et à la franchise son tout premier titre Nba.

“It was a memory I will never forget, Willis Reed coming back and the Garden went nuts. It was a very special moment in Knicks history.”

Un moment historique qui va marquer à jamais notre Spike Lee qui voue depuis toutes ces années un amour inconditionnel pour les Orange & Bleu.

A tel point que lors de la mise aux enchères en 2019 d’objets ayant appartenus à la famille du légendaire coach Red Holzman, Spike va se porter acquéreur de pas moins de 13 des 35 objets de collection mise en vente.

Avec entre autre 31 517$ de dépensé pour le trophée de Coach of the Year de Holzman et 69 184$ pour l’un des filets des paniers de la rencontres. Quand on aime on ne compte pas!

Et la passion de Spike ne se limitant pas qu’aux objets de collection, il déclarait récemment dépenser pas moins de 300 000$ par saison pour assister aux matchs de son équipe préférée. Ce qui en cumulé sur toute sa vie de supporter avoisine la rondelette somme de 10 millions de dollars. Quand on aime…

Bon il vrai qu’il faut avoir un minimum de fonds sur son compte en banque pour dépenser autant.

Et ça Spike peut se le permettre grâce à sa brillante carrière d’acteur/scénariste/réalisateur/producteur.

Car on peut avoir tendance à l’oublier mais c’est bien dans le cinéma qu’il s’est fait un nom bien avant d’être la coqueluche des Knicks.

Ses premiers pas dans le 7ème art il va les faire à l’université de Morehouse College/Atlanta, sa région natale avant de revenir à New York pour finir ses études à la Tisch School of the Arts de NYU. Il boucle son cursus en 1983 avec son moyen métrage Joe’s Bed-Stuy Barbershop: We Cut Heads qui ne passe pas inaperçu puisqu’il obtient cette année là le Prix Ernest Artaria du Festival international du film de Locarno et le Merit Award Dramatic des Student Academy Awards.

Fort de ce premier succès d’estime, Spike va tout de suite créer sa société de production 40 Acres & A Mule Filmworks.

Un nom de société qui démontre tout de suite son engagement envers les luttes historisques de la communauté afro-américaine, les problèmes sociaux et identitaires des minorités.

40 acres (soit 16 hectares de terres agricoles) et une mule (pour traîner la charrue) faisant référence à la promesse d’indemnisation faite aux esclaves afro-américains libérés à la fin de la guerre de Sécession.

C’est en 1986 que Spike va signer sont tout premier long métrage, She’s gotta have it en VO ou Nola Darling n’en fait qu’à sa tête en VF.

C’est aussi à l’occasion de ce film que va naître le célèbre personnage de Mars Blackmon. Mars a un style vestimentaire assez particulier, c’est un cycliste, c’est aussi un « Brooklyn-dragueur », il aime le sport et des New York Knicks.

Ah oui Mars Blackmon est ni plus ni moins joué par le scénariste et réalisateur du film Spike Lee.

Ce personnage va vite crever les écrans aux États-Unis et populariser Spike Lee à tel point qu’il va devenir une égérie de la petite marque qui monte dans le monde de la basket : Jordan Brand.

On le retrouve alors à voler la vedette à Michael Jordan dans les publicités de la marque qui lancait alors l’un de ses modèles cultes, la Air Jordan 3.

L’association entre Mars & Jordan va ainsi durer jusqu’en 1991. Les deux parties mettant fin à leur collaboration d’un commun accord.

Spike réendossera le rôle de Mars Blackmon encore deux fois par la suite. En 1995 lorsque Jordan tentera un reconversion dans le baseball lors de sa première retraite des parquets, puis en 2003 pour l’ultime retraite après ses années Washington Wizards.

Mais l’héritage et l’influence laissée par ce sneakerhead haut en couleurs va perdurer bien au delà de She’s gotta have it et des pubs avec Nike.

Au cinéma la carrière de Mr Lee ne va pas se résumer qu’à ce premier film et son cultissime personnage.

Spike enchaîne en 1988 avec son second long métrage School Daze suivit en 1989 d’une autre de ses références dans sa filmographie, le monument “Do the Right Thing”.

L’histoire se déroule pendant un jour caniculaire en fin de mois de juillet, en plein quartier de Bedford-Stuyvesant/Brooklyn, et où des tensions communautaires éclatent. Là encore Spike y joue le rôle de Mookie, un livreur de pizza qui se retrouve au milieux de cette poudrière.

Une œuvre qui serra à la fois un succès commercial et critique. Raflant de multiples récompenses et obtenant de prestigieuses nominations au Festival de Cannes 1989, aux Golden Globes et aux Oscars de 1990.

C’est également avec ce film que l’on doit le lancement des carrières d’acteurs comme Martin Lawrence, John Turturro et Samuel L.Jackson

Considéré comme l’un des meilleurs films de tous les temps, signe de reconnaissance ultime en 1999 la Bibliothèque du Congrès le qualifie de « culturellement, historiquement et esthétiquement important » en l’incluant dans les collections du National Film Registry.

Mais Spike ne se repose pas sur ses lauriers et les films s’enchaînent. Mo’ Better Blues en 1990 qui voit là ses premières collaborations avec Denzel Washington et Wesley Snipes, puis Jungle Fever en 1991.

En 1992, toujours aussi engagé, il réalise le film biographique sur Malcolm X, militant politique et défenseur des droits de l’homme des afro-américains.

Dans le rôle principal Denzel Washington qui y interprète là, même sans avoir été oscarisé, l’un des plus grands rôle de sa carrière.

Un film engagé qui va faire date dans la carrière et l’image publique de Spike Lee, même s’il ne va pas faire recette. Pour preuve pour le week-end de sa sortie il ne se classe que 3ème derrière la comédie Maman, j’ai encore raté l’avion ! et Dracula.

Warner Bros évoquera même en 1992 une perte de 30 millions de dollars.

 Mais le succès critique est lui bien toujours au rendez-vous, même avec un sujet qui se prête à la polémique au pays de l’oncle Sam, raflant de nombreuses récompenses et encore des nominations aux Golden Globes puis aux Oscars de 1993 pour Denzel sans pour autant repartir avec la précieuse statuette.

En 2010, Malcom X va rejoindre Do the Right Thing au National Film Registry devenant ainsi le second film de Spike a obtenir cette reconnaissance.

Mais pas le temps de lâcher la caméra, suivront Crooklyn (1994), Clockers (1995), Girl 6 (1996), Get on the Bus (1996) avant de retrouver de nouveau Denzel Washington en 1998 pour un film qui va faire date dans le monde du basket. Considéré par certains comme LE meilleur film de tout les temps sur notre sport préféré, on parle ici de “He Got Game” avec le jeune Ray Allen pour partager l’affiche avec Denzel.

Spike tient là le film parfait pour enfin exprimer son amour pour le gros ballon Orange, et ce pour notre plus grand plaisir.

Avec Public Enemy qui s’occupent de la B.O du film, Spike est également bien servi par son duo d’acteurs.

Et tout particulièrement Ray Allen qui tient là son tout premier rôle au cinéma (il jouera aussi dans le film Harvard Story en 2001) ce qui va aider à le faire gagner un peu plus en popularité dans la ligue, lui qui n’était alors qu’un sophomore évoluant aux Milwaukee Bucks.

He Got Game a donc pu servir de tremplin à Ray Allen qui y joue une interprétation très convaincante du personnage de Jesus Shuttlesworth.

Un personnage qui va lui rester collé à la peau pour le restant de sa carrière Nba puisque ce sera le surnom du sniper.

Jesus, un nom qui ne fait pas du tout référence à la figure biblique.

Non le Jesus en question c’est le surnom donné à l’ancien joueur en provenance des playgrounds de Philadelphie, l’ancien joueur des Washington Bullets puis champion Nba avec les New York Knicks en 1973, la légende dont le numéro 15 est retiré au plafond du Madison Square Garden : Earl Monroe

 

Mais la carrière d’Allen aurait pu avoir une tout autre dimension s’il n’avait pas croisé le chemin de Spike Lee. Pour camper ce rôle clé de Jesus Shuttlesworth voulait absolument quelqu’un de crédible. Un jeune joueur capable d’incarner un lycéen tiraillé au moment de choisir son université.

Kobe Bryant (RIP) aurait du avoir ce rôle.

Le joueur qui s’est finalement le plus rapproché de Jordan était comme une évidence le tout premier choix de Spike.

Mais après un lourd échec face aux Utah Jazz lors des playoffs 1997, Kobe refuse l’offre de Spike pour finalement se concentrer sur son programme estival d’entrainement et revenir encore plus fort la saison suivante. L’Oscar pouvant encore attendre un peu pour le gamin d’Hollywood.

Notre réalisateur va donc reprendre ses auditions avec d’autres joueurs Nba de la même génération.

Spike n’est pas convaincu par Allen Iverson , Tracy McGrady ne dégage pas le charisme attendu, pas d’accord trouvé avec les entourages de Kevin Garnett ou l’enfant star de New York, le Coney Island’s Finest aka Stephon Marbury qui aurait alors interprété un rôle dont il aurait été assez proche. Starbury qui avait fait son lycée au Abraham Lincoln High School de Brooklyn…

Quelques noms moins clinquants ont aussi fait le casting comme Travis Best, Walter McCarty l’ancien Knickerbocker drafté en 1996, ou encore Rick Fox qui avait déjà une expérience devant la caméra après être apparu dans le filù Blue Chips aux côtés de Shaq & Penny en 1994.

Même s’ils ne vont pas décrocher le rôle principal de Jesus ils seront toutefois gardés et vont apparaitre dans des rôles secondaires.

C’est finalement au détour d’un match aux Madison Square Garden entre les Knicks et les Bucks que Spike va rencontrer Ray Allen à la mi-temps et lui proposer le rôle.

Même sans expérience dans ce domaine, Ray va accepter, prennant au passage des cours de comédie pendant 8 semaines avant le début du tournage. The rest is history.

Si Kobe Bryant ne fut pas présent pour He Got Game, Spike Lee finira tout de même des années plus tard par trouver l’occasion de réaliser un projet ensemble.

Au travers d’un documentaire spécialement dédié au Black Mamba, Kobe Doin’ Work, il va suivre le numéro 24 des Los Angeles Lakers avec pas moins de 30 caméras braquées sur Kobe pendant toute la durée d’un match de saison régulière qui se déroulait le 13 avril 2008 au Staples Center face aux San Antonio Spurs.

Le documentaire sortira finalement en 2009 après une première projection en en avant-première au festival du film de Tribeca, puis une diffusion nationale sur la chaine ESPN.
Spike a bout être supporter des New York Knicks, son amour pour le game ne se limite pas qu’au basket de la grosse pomme.

Il participera même au jeu vidéo Nba 2K16, notamment pour l’écriture du scénario du mode histoire.

Son talent est reconnu au point que même le King of Pop, Michael Jackson, fera appel à lui pour la réalisation de non pas un mais deux clips pour son titre They Don’t Care About Us en 1996.

Quelques années après la mort de Jackson, il va même réaliser en 2012 un documentaire pour fêter les 25 ans de la sortie de l’album Bad.

Une expérience avec le monde de la musique qui n’était pas son coup d’essai puisqu’il était déjà à la réalisation du clip de Fight the Power de Public Enemy en 1989 par exemple.

On lui doit aussi presque une vingtaine de clip musicaux dont également Revolution de Arrested Development en 1992, Hip Hop Hooray de Naughty by Nature en 1993, Breakfast at Denny’s de Buckshot LeFonque en 1994.

Et il ne se limite pas qu’au Hip Hop puisqu’il signe également le clip Eros Ramazzotti, Cose della vita en 1993

Une proximité avec les artistes que l’on retrouve également avec le Kid de Minneapolis Prince
pour qui il réalisa le clip du titre Money Don’t Matter 2 Night. Et 3 ans après le décès de Prince, Spike Lee va rendre hommage à l’artiste lors de la cérémonie des Oscars de 2019, où il va être nommé pour la première fois de sa carrière dans la catégorie du meilleur réalisateur, vétû d’un costume tout en violet, LA couleur de Prince.

Mais pour revenir au cinéma, après 1998 et He Got Game ses réalisations se succèdent Summer of Sam en 1999, The Very Black Show (Bamboozled) 2000, La 25e Heure en 2002, She Hate Me en 2004, mais sans véritablement renouer avec le succès au Box Office.

Il faudra attendre 2006 et une nouvelle collaboration avec Denzel Washington dans Inside Man pour celà.

Au casting du film on retrouvait également Clive Owen, Jodie Foster ou encore Willem Dafoe et avec un budget de 45 millions de dollars pour la production, les recettes vont monter jusqu’à 186 millions de dollars.

Spike est back into the game!

Mais sans abandonner pour autant son côté militantiste.

En effet cette même année 2006 il revient avec un film documentaire pour la chaîne HBO sur la tragédie qui a frappée La Nouvelle-Orléans lors du passage de l’ouragan Katrina en 2005.

En 2015 c’est Chi-Raq qui seime une nouvelle fois la polémique en dénoncant à sa façon les crimes et violences liées aux gang de la ville de Chicago.

Chi-Raq un titre qui vient d’un terme inventé par les rappeurs locaux. Contractant le nom de leur ville, Chicago, avec le pays Iraq où les troupes de l’armée américaine tentaient de rétablir la sécurité dans le pays après le renversement du régime de Saddam Hussein. Une comparaison entre ces deux lieux d’extrême violence où le nombre de personnes tuées dans la ville de l’Illinois par les gangs dépassait le nombre de soldats américains victime de la guerre en Irak.

Mais le film divise, même dans la communauté de Chicago où il est loin de recevoir le soutien de la population locale.

En 2018 c’est avec un autre sujet sensible qu’il revient sur les écrans.

Mais pour Spike il n’y a pas de sujet tabou et il s’attaque cette fois-ci à l’organisation suprémaciste blanche du Ku Klux Klan.

Dans une période d’extrême tension aux Etats Unis après 2016 et les violences de Charlottesville, il revient avec un contre-pied de ce biopic sous forme de comédie dramatique pour mieux dénoncer le climat de tension raciale encore présent dans le pays.

Inspirée de l’histoire vraie de Ron Stallworth, un policier noir qui a infiltré le Ku Klux Klan, le film est un véritable succès.

Avec John David Washington, oui oui le fils de Denzel, et Adam Driver, oui oui Kylo Ren dans Star Wars, rapporte pas moins de 93 millions de dollar de recette et de nombreuses distinctions.

Grand Prix du Festival de Cannes 2018,
Oscar du meilleur scénario adapté en 2019 et une multitude d’autres nomminations.

Comme quoi même un message sérieux et engagé on peut éveiller les consciences et obtenir du succès.

Et si pendant toutes ces années avec ses production pour le grand et le petit écran Spike Lee a su traverser les périodes, les réussites et les échecs, sans jamais renoncer à ses convictions, il en est de même dans la façon qu’il a de supporter son équipe préférée des New York Knicks.

Facilement reconnaissable avec ses tenues de supporter aux couleurs de l’équipe, son comportement et sa présence bord terrain, tout comme certaines de ses sorties médiatiques, divise parfois jusque dans la fan base des Knicks même si le respect pour sa loyauté, sa passion et son dévouement reste total.

previous arrow
next arrow
Slider

 

Reconnu et respecté par les autres célébrités qui viennent prendre place aux premiers rangs du Garden, celui qui peut faire office de véritable parrain, de véritable institution, de véritable doyen des supporters (déjà 63 ans) l’est également par les joueurs stars des équipes adverses.

Ils sont nombreux à avoir échangé avec lui avant, pendant, et même après des rencontres.

Chacun sait qu’il ne va pas assister passivement à la rencontre et comme le public du Garden il s’adonne assez facilement à du trashtalking en direction de l’équipe adverse. Son ami Michael Jordan en faisant lui aussi régulièrement les frais lors des nombreux affrontements avec les Bulls dans les années 90. Comme si Michael avait besoin de ça pour rajouter un peu plus de motivation à remporter ces matchs…

Mais l’épisode le plus connu reste bien sûr son clash avec Reggie Miller. Lors des finales de conférence de 1994 et notamment lors du game 5 avec le fameux Choke Sign de Reggie, puis le déplacement dans l’Indiana pour le game 6 avant que les Knicks finissent pas s’imposer, dans la douleur, dans un game 7 leur ouvrant les portes des finales Nba.

  Un épisode qui reste encore aujourd’hui dans les mémoires collectives des fans des Knicks, des Pacers, de Spike, de Reggie et plus largement de l’histoire de la Nba.

ESPN consacrant même un épisode de sa fameuse série documentaire 30 for 30, Winning Time : Reggie Miller vs. The NY Knicks sorti en 2010. Pour une fois que c’est Spike qui se retrouve au centre des sujets d’un documentaire.

Bien plus qu’un simple spectateur, Spike Lee reste assurément un des acteurs de ce qui a contribué à l’une des plus grandes rivalités historiques des New York Knicks.

Même si depuis l’animosité entre les deux hommes semble bien éteinte.

Pour Spike son engagement pour l’équipe ne s’est pas arrêté lui à cette série de playoffs de l’été 1994.
Non à plusieurs occasions il eu l’occasion d’exprimer son mécontentement dans la direction que prenait son équipe de coeur. Il faut dire qu’il doit lui sembler bien loin le temps glorieux des joutes printanières de playoffs. Les saisons se suivent et les périodes de crise aussi, affectant forcément sa patience comme celle de tous les Knicks fans.

« J’espère que Carmelo Anthony a vu LeBron décrocher ce trophée de champion. Amar’e c’est mon gars. Mais je suis fatigué de lever les yeux vers ces vieilles bannières de champion. »

Qu’il s’agisse de la façon dont Carmelo Anthony a pu être critiqué publiquement dans ses années Knicks et de la politique mise en place par Phil Jackson lors de son mandat de président des opérations basket

« Je ferai ses valises pour lui. Je pense que je crois toujours en Carmelo, mais Phil Jackson complique tout pour lui »

de l’épisode douloureux lors de l’éviction de Charles Oakley

et encore plus récemment de l’incident survenu en mars 2020 lorsqu’on lui refusa son accès au Garden pour avoir emprunté l’entrée réservée aux employés comme à son habitude

«Je reviendrai la saison prochaine, mais c’est fini pour moi cette saison. Fini»

Spike Lee trouve là de nombreuses occasions de fustiger l’organisation des Knicks.

L’organisation car il reste bien sûr supporter des joueurs qui portent ou ont porté les couleurs Orange et Bleu.

On le retrouvait par exemple présent lors de la dernière draft de RJ Barrett en juin 2019 au Barclays Center de Brooklyn.

Brooklyn justement et sa “nouvelle” équipe des Nets, dont la salle est située à quelques blocks seulement des bureaux de 40 Acres & A Mule Filmworks, aimerait beaucoup ravir aux Knicks leur Fan numéro 1.

Et encore plus depuis le récent conflit qui oppose Spike à l’actuel propriétaire James Dolan.

Mais rassurez-vous Spike a beau être de Brooklyn, il est et restera un Knicks fan quoiqu’il arrive.

« Orange and blue. Mon fils sera orange et bleu, et son fils le sera après lui. Et ils m’enterreront avec ces couleurs… A Brooklyn. »

Once a Knick, Always a Knick!

Et si vous voulez en lire un peu plus sur les Knicks fans & Spike :

Le morceau hommage à Spike Lee de la part du rappeur Skyzoo, lui aussi Knicks fan assumé

Parole à quelques membres de l’association Knicks Nation France
NY Knicks Nation Germany/Austria
Les célébrités de passage au Garden en photos
La longue liste des Celebrity Knicks Fan
The Most Iconic Fictional Knicks Fans
Knicks vs. Lakers: Which Basketball Team Has the Cooler Celebrity Fans par theatlantic.com
How Nike’s Mars Blackmon campaign came to be
How exactly did Ray Allen become Jesus Shuttlesworth in Spike Lee’s ‘He Got Game’? par The Undefeated
Spike Lee Wants BlacKkKlansman to Wake America Up par Time.com
In the Room with Spike Lee par officemagazine.net
Ce que vous ne savez pas sur Spike Lee par opnminded.com
Nets Troll Knicks with Kevin Durant-Spike Lee Handshake Photo Amid MSG Drama par Bleacher Report

R aussi comme : Reed, Willis ,Riley, Pat ,Robinson, Nate ,Rivers, Doc ,Ray Richardson, Micheal ,Rose, Derrick ,Russell, Cazzie… back