H comme… Holzman. LE coach back
Avec plus de 70 ans d’existence à son actif, nombreux sont les hommes a avoir pu marquer l’histoire des New York Knicks. Des joueurs, des propriétaires et forcément quelques coachs.


De Joe Lapchick à Pat Riley, en passant par Mike D’Antoni ou Jeff Van Gundy, c’est pas moins de 31 coachs qui se sont relayés sur le banc des Knicks. Avec plus ou moins de succès. En restant plus ou moins longtemps en poste. Car comme tout entraineur en Nba, le job de Head coach des Knicks est toujours très exigeant. Pression de résultat, gestions des égos des joueurs stars, attentes des fans, attention des médias, difficile de faire de vieux os comme stratège en chef chez les Knickerbockers.


Avec des résultats bien en dessous des attentes, légitimes, du plus gros marché des États-Unis, un entraineur a su tirer son épingle du jeu et marquer à jamais l’histoire de la franchise. Cet homme c’est : William Holzman aka Red Holzman

Mais avant de devenir, n’ayons pas peur des mots, le plus grand coach all-time des New York Knicks (Dave Checketts dira même de lui plus tard qu’il fut “the most important man in the history of the New York Knicks franchise”), revenons sur le parcours d’Holzman.

Red est un enfant de la grosse pomme. Il voit le jour en 1920 à Brooklyn/New York. Quoique d’autres évoquent Lower East Side comme lieux de naissance. Ceci dit tout ça reste New York.
Issu d’une famille d’immigrés Juifs, papa Holzman est Russe alors que maman Holzman est Roumaine, il grandit dans le quartier de Brooklyn à Ocean Hill–Brownsville. C’est là qu’il va faire ses débuts de basketteur aux lycée de Franklin K. Lane High School au milieu des années 1930.Suivrons ensuite ses années de fac avec les Super Bees de l’Université de Baltimore pendant la saison 1939-40 puis aux Beavers de City College de New York entre 1940 et 1942. Lors de ses 2 dernières saisons à New York, notre point guard va s’afficher à des moyennes de 10 à 13pts par match. Il obtient son diplômé en 1942 bien avant la création de la Nba (pour rappel fondée sous le nom de Basketball Association of America, BAA, en 1946 avant d’être rebaptisée NBA suite à sa fusion avec la National Basketball League, NBL, en 1949)C’est alors qu’il s’engage avec la Marine Américaine, la fameuse Navy, où il part pour Norfolk en Virginie pour jouer dans l’équipe de la base navale pendant 2 ans.
Mais visiblement le talent de l’officier Holzman ne pouvait pas rester cantonné à la Navy. En 1945 il est libéré par la Marine et peut alors rejoindre une des ancêtres de la NBA à savoir la NBL (fondée en 1937 par les 3 compagnies General Electric, Firestone et Goodyear).

Là il intègre l’équipe des Rochester Royals (les ancêtres des actuels Sacramento Kings) et c’est tout de suite le succès. Titre de Rookie of the Year 1945-46, All-NBL First Team et titre NBL. Pas mal pour des débuts pros.


Les 2 saisons qui suivront il continuera de connaitre les distinctions individuelles avec une autre nomination dans la All-NBL First Team en 1948 et une nomination dans la All-NBL Second Team en 1947. 2 finales NBL également lors de ces saisons 1946-47 puis 1947-48 mais sans plus connaitre la joie du titre.
En 1949 il fait donc ses premiers pas en dans la toute nouvelle NBA en restant avec les Royals lors de la fusion avec la BAA.Sans faire de grande stats (à peine plus de 9pts/2,9ast par match) Red va jouer à Rochester encore 5 saisons. Le temps tout de même de remporter un titre de champion Nba en 1951 en battant les New York Knicks au terme d’un match 7 pour les toutes premières finales Nba des Knicks.Des participations en playoffs chaque saison mais un temps de jeu en baisse et à 33 ans il part pour les Milwaukee Hawks (oui oui les ancêtres des Atlanta Hawks et pas des Milwaukee Bucks) où il sera entraineur-joueur en remplacement de Andrew Levane (un autre futur coach des Knicks) limogé en cours de saison. Une double casquette assez courante à l’époque.
Finalement Red va raccrocher ses baskets pour se concentrer uniquement sur son rôle de coach lors de la saison 1954-55. Après n’avoir gagné que 21 matchs (sur une saison de 72 à l’époque) avec le duo Levane-Holzman, le bilan une fois Red coach à temps plein n’est guère meilleur (26-46) malgré le renfort dans leur rang d’un certain Bob Pettit ROY 1954-55, All-Star et qui s’affichait déjà à plus de 20pts par rencontre.
Habitué au déménagement l’équipe quitte Milwaukee pour s’installer à Saint Louis (on se rapproche un peu d’Atlanta) lors de la saison 1955-56. Sur le plan sportif le bilan est en progression sans pour autant être positif (33-39) mais permet de retrouver les playoffs (défaite 3-2 face aux Fort Wayne Pistons) après une seule apparition lors de la saison inaugurale.Mais lors de la saison suivante, après un bilan de 14 victoires pour 19 défaites, Holzman sera renvoyé des Hawks. Une saison 1956-57 qui se terminera mieux pour Saint Louis que pour notre bon vieux Red puisque les Hawks, après avoir encore changé 2 fois de head coach se hisseront jusqu’en finales Nba (défaite en 7 matchs face aux Boston Celtics) avant de prendre leur revanche la saison suivante pour le seul et unique titre de l’histoire de la franchise.
Vraiment dommage pour Red mais sans encore le savoir il aura l’occasion de faire bien mieux plus tard.

A tout juste 36 ans et au beau milieux des années 1950s, après une courte carrière de joueur professionnel il est encore bien trop tôt pour songer couler une douce retraite.

Ainsi dès 1957 Holzman retrouve un job dans le staff des New York Knicks. Sûrement échaudé par son expérience écourtée avec les Hawks, Red va y avoir un rôle de scout, à la recherche de joueur, ne souhaitant pas prendre le poste de head coach. Ils vont alors se succéder sur le banc des Knicks. Vince Boryla jusqu’en 1958, puis Andrew Levane (comme on se retrouve) jusqu’en 1959, ensuite Carl Braun jusqu’en 1961, suivit par Eddie Donovan jusqu’en 1965, Harry Gallatin jusqu’en 1965 et enfin Dick McGuire jusqu’en 1967

Comme quoi la valse des coachs aux Knicks ce n’est donc pas qu’une histoire récente…
Si on ne change pas une équipe qui gagne, pendant ces 10 saisons depuis l’arrivée de Red Holzman dans le staff, les Knicks n’auront connus les joies de la post-season que 2 fois, et jamais mieux qu’une élimination au premier tour.

Comme quoi les longues périodes sans résultats aux Knicks ce n’est donc pas qu’une histoire récente…

Et au début de la saison 1967-68, alors que le bilan est de 15 victoires pour 23 défaites avec la légende locale Dick McGuire dans le rôle de head coach, le fondateur et propriétaire de l’époque Ned Irish pense que l’heure est (encore une fois) au changement…

Mais alors que les Knicks avaient enfin retrouvé la route des playoffs la saison précédente, pour une fois ils ne vont pas vraiment se séparer de leur coach Dick McGuire mais tout simplement échanger les postes avec Red Holzman. Le scout en chef devient head coach alors que le head coach devient scout en chef.

Ce n’est pas dans la Nba actuelle que l’on verrait ce type de mouvement. Mais il s’avère que ce changement va s’avérer payant. Dick McGuire va ainsi garder un poste dans l’organisation des Knicks jusqu’à la fin de sa vie en 2010, à l’âge de 84 ans, où il jouait encore un rôle de senior consultant.

Pour Holzman, ce fut plus une promotion contre son plein gré. Alors qu’aujourd’hui le process de recrutement d’un coach dure plusieurs semaines, voir plusieurs mois, avec un nombre important de candidats (même pour la terrible franchise des Knicks!) en 1967 Holzman était loin d’être emballé par le poste. Il déclara même “I didn’t want to coach” mais on ne lui laissa pas vraiment le choix. “There’s nobody else. It’s you. You’ve got the job” rapportera-t-il.
Il faut dire que Red se plaisait dans son rôle de scout. En charge du recrutement des joueurs des Knicks on lui doit notamment les arrivées de quelques grands noms comme Willis Reed, Dick Van Arsdale, Bill Bradley, le trade pour Dick Barnett, mais aussi les drafts de Walt Frazier ou encore Cazzie Russell pour ne citer qu’eux.

En 10 années passées à recruter, Holzman connait parfaitement les joueurs des Knicks. Étant parfois le tout premiers contacts que pouvait avoir les joueurs avec l’organisation. Ce fut notamment le cas pour Phil Jackson qu’il ira rencontrer jusque dans son Dakota natal en vue de le sélectionner à la draft.

Une relation forte entre ces 2 hommes s’installe puisque Jacks deviendra en quelque sorte le protégé de son coach. Holzman décelant très tôt en lui des aptitudes pour sa future carrière de coach. Dans son livre Eleven Rings, le Zen Master parlera même de Red comme d’un mentor. Bien avant la fameuse attaque en triangle si chère à notre Phil, c’est un basket tout en simplicité prôné par Holzman qui va influencer le jeu des Knicks. Walt Frazier dira lui aussi “We were not the biggest or the fastest. But we were the smartest”

Pour Red, une équipe capable qui veut remporter le titre doit avant tout se baser sur le partage, la générosité, la solidarité et surtout pas l’égoïsme, pas un jeu centré sur une ou des stars. De la discipline et de la défense, voilà les ingrédients qui ont fait la recette du succès pour Holzman.

Sa devise? “Hit the open man, passed the ball, and helped each other defensively (…) if you play as a team, you have a chance…”. Simple, basique mais surtout diablement efficace.

Et cette recette, les Knicks de la fin des années 60, début des années 70 vont l’appliquer à la perfection.

Avec Holzman comme coach les Knicks vont d’abord boucler la saison 67-68 avec 28 victoires pour 16 défaites et un bilan positif (43-39), ce qui n’était plus arrivé depuis la saison 58-59. La transition se passe bien mais en playoffs, comme la saison précédente, les Knicks butent encore au premier tour (défaite 4-2) face aux Philadelphia Sixers de Wilt Chamberlain

Lors de la saison 68-69 les Knicks cartonnent avec pas moins de 7 joueurs à plus de 12pts de moyenne, toujours portés par leur leader Willis Reed.

La progression est nettement visible avec 54 victoires pour 28 défaites, un sweep 4-0 passé aux Baltimore Bullets de Earl Monroe au premier tour des playoffs… mais une défaite 4-2 en finale de conférence face aux futurs champion Nba des Boston Celtics

C’est donc pour sa 3ème saison sur le banc des Knicks, que Holzman va écrire l’histoire. Lors de la saison 1969-70, s’appuyant sur leur axe fort Reed-Frazier et toujours avec le même jeu collectif, les Knicks vont littéralement passer un cap.

Ca commence par une incroyable série de victoire allant du 24 Octobre (contre les Detroit Pistons) au November 29 (défaite contre ces mêmes Pistons comble du hasard), soit un total de 18 matchs pendant lesquels les Knicks ne vont pas connaître la défaite. Même s’il s’en fut de peu, la 18ème victoire fut décrochée après un incroyable comeback et une courte victoire d’un point contre les Cincinnati Royals.

Aujourd’hui une telle série laisse rêveur et à l’époque ils égalaient le record alors détenu par les Philadelphia Sixers, à cheval entre les saisons 1965-66 & 1966–67. Un record bien dépassé depuis, notamment par les 33 wins des Lakers dès la saison 1970-71, mais un trace indélébile dans le livres des records de la Nba et cette série de 18 wins consécutive des New York Knicks reste en 11ème position.

Rank Games Team Season(s) Season Date Score Opponent Date Score Opponent
record(s) Beginning (first victory) End (first defeat)
1 33 Los Angeles Lakers 1971–72* 69–13 November 5, 1971 110–106 Baltimore Bullets January 9, 1972 104–120 Milwaukee Bucks
2 28 Golden State Warriors^ 2014–15* 67–15 April 9, 2015 116–105 Portland Trail Blazers December 12, 2015 95–108 Milwaukee Bucks
(4 + 24) 2015–16 73–9
3 27 Miami Heat 2012–13* 66–16 February 3, 2013 100–85 Toronto Raptors March 27, 2013 97–101 Chicago Bulls
4 22 Houston Rockets 2007–08 55–27 January 29, 2008 111–107 Golden State Warriors March 18, 2008 74–94 Boston Celtics
5 (tie) 20 Washington Capitols^ 1947–48 28–20 March 13, 1948 86–69 St. Louis Bombers December 7, 1948 78–94 Indianapolis Jets
(5 + 15) 1948–49 38–22
5 (tie) 20 Milwaukee Bucks 1970–71* 66–16 February 6, 1971 111–85 San Francisco Warriors March 9, 1971 103–110 Chicago Bulls
7 (tie) 19 Los Angeles Lakers 1999–00* 67–15 February 4, 2000 113–67 Utah Jazz March 16, 2000 102–109 Washington Wizards
7 (tie) 19 Boston Celtics 2008–09 62–20 November 15, 2008 102–97 Milwaukee Bucks December 25, 2008 83–92 Los Angeles Lakers
7 (tie) 19 San Antonio Spurs 2013–14* 62–20 February 26, 2014 120–110 Detroit Pistons April 3, 2014 94–106 Oklahoma City Thunder
7 (tie) 19 Atlanta Hawks 2014–15 60–22 December 27, 2014 90–85 Milwaukee Bucks February 2, 2015 100–115 New Orleans Pelicans
11 (tie) 18 Rochester Royals^ 1949–50 51–17 February 17, 1950 81–73 Boston Celtics November 12, 1950 79–82 Tri-Cities Blackhawks
(15 + 3) 1950–51* 41–27
11 (tie) 18 Philadelphia 76ers^ 1965–66 55–25 March 3, 1966 135–125 San Francisco Warriors November 5, 1966 87–105 Boston Celtics
(11 + 7) 1966–67* 68–13
11 (tie) 18 New York Knicks 1969–70* 60–22 October 24, 1969 116–92 Detroit Pistons November 29, 1969 98–110 Detroit Pistons
11 (tie) 18 Boston Celtics 1981–82 63–19 February 24, 1982 132–90 Utah Jazz March 28, 1982 98–116 Philadelphia 76ers
11 (tie) 18 Chicago Bulls 1995–96* 72–10 December 29, 1995 120–93 Indiana Pacers February 4, 1996 99–105 Denver Nuggets
11 (tie) 18 Milwaukee Bucks 2019–20 In progress November 10, 2019 121–119 Oklahoma City Thunder December 16, 2019 116–120 Dallas Mavericks

Une série qu’on aimerait bien voir dépassée mais la seule fois où les Knicks ont pu s’en approcher ce fut lors de la saison 1993-94 (une autre belle époque) avec 15 victoires consécutives.
Avec cette incroyable série de victoires pour lancer la saison, les Knickerbockers étaient lancés pour une saison record. Ils connaîtront une autre série de 9 victoires un peu plus tard dans la saison, de fin janvier à début février et même avec 4 défaites pour terminer la saison régulière ils finiront tout premiers de la ligue avec le bilan de 60 victoires pour 22 défaites. La meilleure saison de toute l’histoire de la franchise seulement égalée lors de la saison 1993-94.

Rk Season W-L WPct Pts Pts
Team Opp
1. 1993 60-22 .732 101.6 95.4
1970 60-22 .732
115.0
105.9
3. 1997 57-25 .695 95.4 92.2
1994 57-25 .695 98.5 91.5
1973 57-25 .695
105.0
98.2
6. 1953 47-23 .671 85.5 80.3
7. 1995 55-27 .671 98.2 95.1
8. 2013 54-28 .659 100.0 95.7
1969 54-28 .659 110.8 105.1
10. 1989 52-30 .634 116.7 112.9
1971 52-30 .634 110.1 105.0
12. 1992 51-31 .622 101.6 97.7
13. 1954 44-28 .611 79.0 79.1
14. 2000 50-32 .610 92.1 90.7
1981 50-32 .610 107.9 106.3
16. 1974 49-33 .598 101.3 98.5
17. 1950 40-28 .588 80.7 78.6
18. 2001 48-34 .585 88.7 86.1
1972 48-34 .585 107.1 104.7
20. 1996 47-35 .573 97.2 94.9
1984 47-35 .573 106.9 103.0
Les distinctions individuelles sont bien au rendez-vous (Willis Reed MVP du ASG & de la saison régulière) et le travail de Red Holzman est reconnu puisqu’il décroche en 1970 le tout premier titre de Coach of the Year de l’histoire des Knicks (il faudrat attendre Pat Riley en 1993 pour lui trouver un successeur).

Mais les Golden State Warriors pourront vous le confirmer, faire un saison régulière record n’a que peut d’intérêt sans décrocher le titre Nba à la fin. Et avec une telle saison, une équipe qui se connait parfaitement les ambitions ne pouvaient qu’être décuplées à l’approche des playoffs.

Pourtant le premier tour face aux Baltimore Bullets fut plus que compliqué avec la bande d’Earl Monroe plus qu’accrocheurs qui pousseront les Knicks jusqu’à un game 7.

Pour les finales de conférences, le jeune Kareem Abdul-Jabbar a beau être dominant (34,2pts/17,8rbds sur la série!) c’est bien trop peu pour les Milwaukee Bucks face au jeu huilé des Knicks. Une finale de conférence vite expédiée sur le score de 4-1 et retour en finales Nba, 17 ans après leur dernière apparition.

Et encore une fois ce seront les Los Angeles Lakers cette fois avec Wilt Chamberlain dans le rôle du pivot dominant qui vont tenter de barrer la route du titre aux Knicks. Un premier titre forcément énormément convoité par Big Apple mais en face les Angelinos ont également faim, surtout Jerry West & Elgin Baylor qui cherchent désespérement à décrocher une bague après respectivement déjà 6 et 7 finales déjà perdues.

La série va être accrochée, elle va connaître des rebondissements (la blessure de Willis Reed au game 5, son retour au game 7) mais c’est bien les Knicks qui vont enfin décrocher le tout premier titre de leur histoire.
Après 3 finales consécutives perdues au début des années 50s, Red Holzman et ses joueurs inscrivent à tout jamais leurs noms dans le livre d’histoire de la Nba, de la franchise, de la ville, et avec la manière en plus.

A jamais les premiers.

Fort de cette consécration, Red Holzman continue de gérer d’une main de maitre son équipe, lui qui ne voulait pas du poste de head coach s’était vu également attribuer une seconde casquette GM/Président en mars 1970.
La saison 1970-71 est encore de bonne facture avec un bilan de 52 victoires pour 30 défaites mais malheureusement il n’y aura pas de back2back. Earl Monroe et ses Baltimore Bullets vont prendre leur revanche sur la saison précédente et priveront cette fois les Knicks de finale au terme d’un game 7 perdu en finale de conférence sur le petit score de 93 à 91. Les Knicks n’auront pas eu l’occasion de défendre leur titre et les champions de l’Est que furent les Bullets ne feront qu’illusion en finale Nba en se faisant sweeper par les Milwaukee Bucks et Kareem Abdul-Jabbar fraichement passés à l’Ouest. Premier titre pour Jabbar mais les Knicks n’ont pas dit leurs derniers mots.

Au début de la saison 1971-72 Red Holzman ajoute un nouvel atout à son roster. Et pas des moindres puisque ce n’est ni plus ni moins qu’Earl Monroe, le plus gros rival de Walt Frazier qui est récupéré par les Knicks dans un échange contre Mike Riordan & Dave Stallworth.

Deux joueurs valeureux de la rotation de Holzman mais en aucune façon comparable à la valeur de The Pearl. Se pose alors toutefois la question de la cohabition entre Monroe & Frazier dans le backcourt des Knicks. La rumeur voulant même que les Knicks étaient alors prêt à se séparer de Walt pour faire la place libre à Earl.

Il n’en sera finalement rien et les 2 arrières apprendront finalement à partager le ballon et jouer ensemble dans ce qui fut plus tard surnommé le rolls royce backcourt.

 

Mais la plus grosse adaption à laquelle les Knicks durent faire face lors de cette saison sera de joueur sans leur pivot Willis Reed, limité à 11 matchs suite à une blessure au genou. Ils termineront la saison régulière avec un bilan de 48 victoires et 34 défaites.

En playoffs leur route croisera une nouvelle fois celle des Baltimore Bullets, mais avec Earl Monroe maintenant dans les rangs de New York il n’y aura pas vraiment de difficulté. La finale de conférence contre les Celtics sera également une formalité avec une qualification pour les finales Nba sur le score de 4-1.

Là pour la seconde finale Nba en trois ans sous l’ère Holzman les Knicks vont retrouver leurs vielles connaissances Californiennes, Jerry West, Wilt Chamberlain, Gail Goodrich et même un certain Pat Riley dans les rangs des Los Angeles Lakers (mais sans Elgin Baylor qui à 36 ans venait de prendre sa retraite, lassé de perdre en finale…)
Sans Willis Reed dans la raquette des Knicks la mission s’avérait très compliquée. Chamberlain dominant (19,4pts/23,2rbds) sans véritable opposition de taille à lui faire valoir. Après la première rencontre remportée par les New Yorkais, les Lakers dérouleront sur le reste de la série et seront champions sur le score de 4-1. Le logo de la Nba aka Jerry West décrochant enfin son seul et unique titre… face aux Knicks donc. So Knicks…

Ce retour en finale n’avait pas rassasié l’appétit de la bande à Holzman. En retrouvant Willis Reed pour la saison 1972-73, les Knicks étaient prêt à repartir à la reconquête du titre. Une saison conclue par un bilan de 57 victoires et 25 défaites et direction les playoffs. Adversaire du premier tour? Les Baltimore Bullets bien sûr. Pas de véritable problème avec une série expédiée 4-1.

Mais en finale de conférence un autre sérieux adversaire se dressait cette fois sur la route du titre Nba. Les Boston Celtics de 72 qui sorte d’une saison de rêve à 68 victoires 14 défaites. Les hommes en vert emmenés par leur duo Dave Cowens – John Havlicek, sans oublier les Jo Jo White, Paul Silas ou autre Don Nelson font véritablement office de favoris pour le titre cette saison là. Surtout qu’il compte dans leur rang le MVP de la saison régulière en la personne de Cowens (20.5/16.2/4.1) et qu’ils sont coaché par le légendaire Red Auerbach .

Pour cette finale de conférence c’est donc une finale entre 2 Red. 2 New Yorkais qui s’affrontent dans une bataille de coaching. Auerbach vs Holzman. Boston vs New York. Une finale de rêve avec 2 équipes en pleine possession de leur moyen. Et le moins que l’on puisse dire c’est que cette série fut accrochée :

Game 1 victoire Celtics 134 – 108 @Boston
Game 2 victoire Knicks 129 – 96 @New York
Game 3 victoire Knicks 98 – 91 @Boston
Game 4 victoire Knicks 117 – 110 @New York
Game 5 victoire Celtics 98 – 97 @Boston
Game 6 victoire Celtics 110 – 100 @New York

Un match 7 sera donc nécessaire pour départager les deux meilleures équipe de la conférence Est. Les Knicks qui avaient un sérieux avantage dans la série ont laissé passé leur chance d’un rien lors du match 5 à Boston et n’ont pas su profiter de l’avantage de jouer dans leur Madison Square Garden dans le game 6. Le momentum dans la série est clairement pour les Celtics avant de disputer ce match décisif à Boston.
Finalement les Knicks trouvent les ressources nécessaire pour emporter ce match décessif sur le score de 94 à 78. Bien emmené par un Walt Frazier survolté avec 25pts/10rbds/7ast. Fort de ce succès les Knicks retrouvent (encore une fois) alors les champions en titre des Los Angeles Lakers pour on l’espère côté New York une revanche par rapport à la saison précédente, côté L.A un back2back.Le plus dur pour les Knicks était peut-être cette finale de conférence Est. Car un peu à l’image de la finale 72, les Lakers remporteront le premier match de la série (115 à 112) avant de s’incliner ensuite 4 fois de suite, certe jamais avec un grand écart. Red Holzman et les New York Knicks décrochent là leur second titre Nba en 3 apparitions en finale rentrant un peu plus dans l’histoire.
Pas mal pour quelqu’un qui ne voulait pas être coach.

Malheureusement et sans le savoir, ce second titre sera le summum de cette équipe des New York Knicks.
Willis Reed se blessera de nouveau ce qui lui fera manquer une très grosse partie de la saison suivante. Juste de retour avant les playoffs les Knicks tenteront de conserver leur titre mais des Celtics revanchards et futurs champions viendront mettre un terme à leur parcours en playoffs en finale de conférence (défaite 4-1)
A l’âge de 31 ans il mettra un terme à sa carrière à l’issue de cette saison 1973-74.
Orphelins de leur Captain, les Knicks ne connaitront plus le même succès et n’arriveront même pas à se qualifier pour la post season ni 1975-76, ni en 1976-77.

Un peu comme lors de ce fameux game 7 de la finale 1970, Willis Reed reviendra bien pour prêter main forte aux Knicks lors de la saison 1977-78, mais cette fois pas en tant que joueur. Non en tant que head coach. Il prit ni plus ni moins que la place de son ancien coach Red Holzman.

Une parenthèse de courte durée, et sans Walt Frazier envoyé à Cleveland, puisqu’après avoir réussit à qualifier les Knicks pour les playoffs lors de sa première saison en tant que coach (défaite 4-0 en demi-finale de conférence face aux Sixers) dès le début de la saison 1978-79 Red Holzman est rappelé sur le banc.

Une nouvelle ère était alors en train de se dessiner aux New York Knicks avec un changement de génération. Au revoir les Knickerbockers titrés et bonjour les Bill Cartwright, Micheal Ray Richardson et autre Ray Williams.

Là pendant 4 autres saisons Holzman ne va réussir à qualifier les Knicks pour une petite campagne de playoffs (défaite 2-0 au premier tour face aux Bulls en 1981) avant d’être remplacé par Hubbie Brown lors de la saison 1982-83.

Il restera toutefois dans le paysage des New York Knicks en tant que consultant.

Lorsqu’il prit sa retraite de coach en 1982, avec 696 victoires (53,5%) en saison régulière à son actif (en comptant celles des Hawks donc) il était alors le second coach, derrière Red Auerbach, avec le plus grand total de victoire en carrière. Aujourd’hui encore, et plus de 40 ans après sa retraite comme coach il figure toujours dans les tous meilleurs coachs de l’histoire de la ligue. Sur plus de 330 coachs, Red Holzman se classe :
17ème coach en terme d’ancienneté avec ses 18 saisons de coaching.
19ème coach en terme du nombre de victoires en saison régulière (696)
20ème coach en terme du nombre de rencontres de saison régulière coachés (1299)
19ème coach en terme du nombre de victoires en playoffs (58) (sachant que le nbre de tour de playoffs à augmenté)
18ème coach en terme du nombre de rencontres de playoffs coachés (105) (sachant que le nbre de tour de playoffs à augmenté)
enfin 7ème coach égalité en nombre de titre Nba (2)

C’est finalement en 1986 qu’il va renter au panthéon du basket en étant élu au Basketball Hall of Fame de Springfield.

En 1990 les New York Knicks l’honoreront à leur tour en retrirant au plafond du Madison Square Garden un jersey avec le numéro 613, en mémoire des toutes ses victoires chez les Knicks.

Red Holzman fut l’un des rares, en compagnie de Phil Jackson et Pat Riley entre autre, à avoir été Champion Nba en tant que joueur, puis en tant que coach. Il sera également élu NBA COACH OF THE DECADE 1970s par PRO BASKETBALL SPORTS WRITERS.

C’est en novembre 1998, et après avoir perdu son épouse Selma quelques mois auparant, que Red Holzman nous quitté à l’âge de 78 ans et à la suite d’une leucémie.

Il n’en demeure pas moins encore aujourd’hui le meilleur coach que les New York Knicks aient pu connaître et pour l’éternité le premier coach Orange & Bleu champion Nba.

Et si vous voulez en apprendre d’avantage sur Red Holzman quelques articles :
Le portrait par le New York Times de Red Holzman au moment de sa disparition
Extrait du livre de Phil Jackson, Eleven Rings où il revient sur le rôle de Red Hozlman
L’histoire de la NBL

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