L comme… Leon Rose. The New President back
La Nba fait rêver.

New York fait rêver.

Le Madison Square Garden fait rêver.

Les New York Knicks?

Beaucoup moins.

Pourquoi? Car la franchise occupe une position très particulière dans le paysage Nba.
Le plus gros marché de la ligue. L’une des franchises les plus bankable DU MONDE.
Mais des résultats absolument pas à la hauteur.

De plus elle est soumise à la pression de son environnement. De la ligue (un peu?), de son propriétaire (un beaucoup?), de ses supporters (passionnément?), des médias (à la folie?). Les hivers sont y rudes, les intersaisons longues, les périodes de succès et célébrations très rares. Les conflits, les crises, les changements de personnels eux reviennent souvent. Et même si la sécurité de l’emploi n’existe pas en Nba, aux Knicks c’est encore plus vrai qu’ailleurs.

Bref quand on vous y propose un poste, on y réfléchit à deux fois. On est beaucoup exposé, on y est bien payé, mais plus qu’un job vous signez pour un défi. Gloire (éphémère) pour ceux qui réussiront, oubli (au mieux) ou fin de carrière (au pire) pour ceux qui vont échouer.

Survival of the fittest comme le chantait Mobb Deep, New York ne fait pas de cadeau.

Voilà pourquoi ils sont nombreux à s’être succédé au poste de président des opération basket. On en compte pas moins de 22, avec plus ou moins de réussite (souvent moins). Les cycles sont courts en Nba, encore plus à la tête des New York Knicks.

Le dernier à avoir accepté le poste, pardon à avoir accepté de relever le défi de faire gagner les Knicks, de leur faire retrouver le chemin du succès, d’un jour qui sait viser le titre et pourquoi pas le remporter (oui là on nage en plein rêve pour certains) c’est Leon Rose.
Le prénom d’un célèbre tueur à gage incarné par Jean Reno à l’écran. Le nom du plus jeune MVP de la ligue Derrick Rose (OK à égalité avec Wes Unseld). Un physique tout droit sorti de la série les Soprano.

Mais qui est donc ce Leon Rose? Mince le bureau RH des Knicks est fermé à cette heure-ci. Pas grave on a nos sources, on connait du monde. Et hop une petite recherche sur basketball référence pour obtenir le CV basketballistique du monsieur. Bingo y’a un résultat (ici). Mince dossier classé secret défense.

Bon a vrai dire on sait relativement peu de chose sur la passé de basketteur de notre président.
Juste qu’il avait la réputation d’être un bon shooteur et un défenseur agressif. Aujourd’hui on parlerait d’un 3&D mais on a pas d’image pour confirmer cette réputation. Et puis en même temps tout les présidents peuvent pas être avoir le CV basket de Phil Jackson

Leon Rose est né en 1961 (désolé on a pas sa date d’anniversaire, secret défense aussi)
Ce qui lui fait 57/58 ans. Rose n’est pas le président des Knicks le plus âgé (c’était encore Phil avec 69 ans à l’époque) mais pas un tout jeune. Disons surtout qu’il a eu le temps de rouler sa bosse avant d’arriver à Gotham.
Gotham qu’il connait assez bien puisqu’il a côté, à Cherry Hill, dans le New Jersey voisin. Enfin voisin c’est tout de même au sud de l’état et finalement plus proche de Philadelphie que de New York. Là il est découvre le basketball dans son lycée de Cherry Hill High School East.
Plutôt lucide et plus intellect qu’athlète, il va ensuite étudier à Dickinson College puis obtenir un diplôme de droit à Temple University Beasley School of Law.
Sans pour autant complètement tourner le dos au basket puisqu’il joue tout de même dans les équipes de ses établissements et envisage même un temps de devenir coach. C’est d’ailleurs en écoutant les conseils de son père, spécialisé dans le droit et l’immobilier, que Leon sécurisa son avenir avec ce diplôme. Les carrières de coachs n’étant pas si évidentes, notre président jouera toutefois ce rôle de coach auprès des équipes de ses enfants.
Mais même s’il a toujours voué une passion pour le basket, Rose n’était pas destiné à devenir un agent de joueur.

C’est tout d’abord deux anciens joueurs de football des Philadelphia Eagles, Clyde Simmons et Seth Joyner, qui vont faire appel à ses services d’avocats pour lancer la fondation Jerome Brown Foundation, en la mémoire de l’un de leur coéquipier décédé dans un accident de voiture.

Peu de temps après, Lionel Simmons aka L-Train, un ancien joueur de La Salle University Philadelphie, 7ème choix de draft 1990, demandera à être représenté par Leon pour ses négociations contractuelles avec les Sacramento Kings. Avec cette première expérience, Leon va commencer doucement mais sûrement à se faire un nom.  
Suit un autre ancien joueur de Temple University en la personne de Rick Brunson, qui portera plus tard les couleurs des Knicks lors des saisons 99 & 2000 et qu’on a pu retrouver comme assistant coach dans quelques franchises Nba depuis. Brunson va emmener Leon Rose au bout du monde pour ses débuts de basketteur pro puisque c’est en Australie qu’il va obtenir son premier contrat avec les Adelaide 36ers avant de rentrer au pays via la CBA et enfin la Nba.
En Australie et sur les recommandation de Brunson, Rose va devenir l’agent de Chris Anstey, un jeune joueur local qui vient à peine de débuter dans le basket à l’âge de 17 ans et qui était jusqu’avant destiné à une carrière dans le tennis, étant classé second de son pays pour les moins de 15 ans.
Avec Anstey, Rose va découvrir les joies de la draft. Avec leur 18ème choix lors du 1er tour 1997, les Dallas Mavericks ne sont pas encore tombé sur Dirk (draft 1998) mais ils viennent de craquer pour un grand intérieur blanc de 2m15. Bon la carrière de Chris et Dirk n’auront strictement rien à voir puisque Anstey n’évoluera que 3 petites saisons en Nba avant de retourner en Australie.
 

Mais les qualités d’agent que montre Rose, sa disponibilité, son sens de l’écoute lui forge sa réputation. Brunson disant de lui “He becomes part of your family, which is not like every agent.” et ira même jusqu’à le recommander auprès de ses anciens coéquipiers d’université insatisfaits de leurs agents du moments.
C’est ainsi que Aaron McKie, NBA Sixth Man of the Year lors de la saison 2000-2001, va aussi faire appel à ses services. Un joueur très proche du MVP et caractériel Allen Iverson. La connexion est vite faite avec Leon Rose.
Sa carrière d’agent change alors de dimension avec un client tel que The Answer mais notre homme est un homme de défis et ne recule devant rien, sûr de ses capacités.
“Being an agent is similar to being a coach. Sometimes, I’m like a parent or big brother. You have the ability to give advice and guide professional athletes in their careers. My goal is to help them recognize all the risks and consider all the relevant factors associated with any important decision. I help try to prepare them for the rest of their lives.”

C’est ainsi que son portefeuille de joueurs va continuer de s’étoffer avec Richard Hamilton alors au Washington Wizards, puis de 2005 à 2012, via son agence CAA pour Creative Artits Agency, ce qui se fait alors de plus gros joueur de la ligue, le Chosen One, le King, celui que tout New York aurait aimé voir jouer pour les Knicks : LeBron James

Rose va mener les négociation pour la première prolongation de contrat de LBJ avec les Cavaliers en 2006.
Et avant que l’autoproclamé King ne rejoigne l’agence de son ami Rich Paul, c’est bien Leon Rose et son associé Henry Thomas, alors agent de Dwyane Wade et Chris Bosh, qui vont œuvrer en coulisses pour que la réunion des Tres Amigos puissent avoir lieux au Miami Heat, négociant au passage un bon petit contrat de quatre ans pour James avec la franchise Floridienne.
Bienvenu dans le monde des hommes qui comptent. Bienvenu dans le monde des hommes d’influences. Du pouvoir et des millions dollars. En 2019, le magazine Forbes classe Rose 2ème agent avec plus de 948 millions de dollars de contrat et 18 joueurs représentés.
D’après le site ‘Celebrity Net Worth’, Leon Rose valait encore 150 millions de dollars et aurait engrangé pas moins de 40 millions de dollars en commissions en 2019. Et pendant la totalité de sa carrière d’agent c’est pas moins d’1 milliards de dollars de contrats négociés.
Définitivement, sa “petite entreprise” ne connait vraiment pas la crise.

Mais en plus d’être très apprécié de ses clients, d’avoir une belle réussite dans ses affaires, Rose est une personnalité en phase avec son époque. Se montrant conscient de l’évolution du basket et de l’ouverture de la Nba vers l’internationnal. “Basketball has become a global game,” dira-t-il. Et dès le début de sa carrière d’agent notre homme n’a jamais tourné le dos aux joueurs non Américains, bien au contraire puisqu’en plus de l’Australien Chris Anstey on va retrouver on va aussi retrouver DeSagana Diop, un joueur Sénégalais qui fera ses premiers pas de rookies à Cleveland en 2001, plus tard viendront s’ajouter Omri Casspi, Jonas Valančiūnas, Joel Embiid
“I think I am somewhat unique in that my business as an agent began to grow as a result of foreign players.”

Au final la liste des joueurs que l’agent Rose a pu représenter s’avère assez impressionnante :

 

Un business que se porte très bien mais le pouvoir a une valeur hautement plus estimable encore. Si vous pouvez réussir à réunir un Big Three James-Wade-Bosh et remporter 2 titres Nba en tant que “simple” agent de joueurs, imaginez un peu ce que vous pouvez faire à la tête d’une franchise en tant que président.
Et c’est ainsi qu’en mars 2020, alors que la rumeur circulait depuis un bon mois déjà et que l’association était en plein voyage associatif (voir ici) les New York Knicks ont officialisé la nomination de Leon Rose comme nouveau président de la franchise.

Inspiré par la réussite récente des Bob Myers (Golden State Warriors) et autre Rob Pelinka (Los Angeles Lakers), la franchise de New York et son décrié propriétaire se sont séparés de l’ancien de la maison Steve Mills juste avant la trade deadline 2020. Les clés de la maison sont donc laissées à un ancien agent de joueurs dont la réputation n’est plus à faire dans le milieux et dont le cercle d’influence doit permettre de remettre la franchise sur de bons rails. Leon Rose qui a pour lui une belle expérience des coulisses de la Nba va faire ses tout premiers pas dans ce nouveau rôle et il pourra compter sur un ancien consultant de son agence CAA en la personne de William Wesley aka World Wide Wes. Un autre homme de l’ombre qui fut très proche de Rose et qui dispose de beaucoup de relation et d’influence dans la ligue et auprès des joueurs.

Les New York Knicks officialisent ainsi leur entrée dans une nouvelle ère. L’ère des anciens agents de joueur. Des hommes habitués à tirer les ficelles en coulisse, loin des lumières et de la pression médiatiques. Dans cette année si particulière que fut 2020, la nomination du nouveau président Leon Rose se fera même avec une sobriété très déconcertante par rapport à ce qu’on a pu connaitre à New York. S’agit-il de la touche souhaitée par le nouveau président ou pas un manque d’organisation de la franchise, nous ne le saurons pas, mais le fait est qu’il n’y aura aucune conférence de presse organisée pour cette nomination. Les Knicks se contentant d’un simple communiqué de presse .

« Notre équipe possède de jeunes talents, des futurs atouts significatifs (dont sept choix de premier tour lors des quatre prochaines années) et une grande flexibilité financière pour les années à venir. Tout le monde – du propriétaire aux joueurs en passant par le staff et évidemment les fans – souhaite voir une équipe qui gagne. Nous aurons les ressources nécessaires pour créer une belle organisation – une organisation qui soutient nos efforts dans la construction d’une culture de la gagne et qui offre aux fans des Knicks, et à la ville de New York, l’équipe qu’ils méritent.
Rien ne sera facile, ou rapide, alors je vous demande de la patience. En retour, je vous promets d’être honnête et franc. Nous allons développer un plan qui a du sens, pour à la fois relancer le développement de la franchise sur le court terme et assurer un succès sur le long terme. Notre équipe va travailler dur et se serrer les coudes pour s’assurer d’honorer le maillot des Knicks.

Même si j’ai pris conscience des difficultés sur le parquet, ce qui est remarquable à mes yeux, c’est de voir une fierté toujours aussi forte et une loyauté intacte. Soyez-en assurés, je vais tout faire pour créer une franchise qui gagne.
J’ai hâte de vous voir au Garden. »

Une lettre de motivation qui n’annonce pas de révolution immédiate mais qui réclame encore un peu de patience pour évaluer la situation avant de réaliser les premières décisions qui seront importantes dans la reconstruction.

Le choix du head coach en était un et après pas mal de semaines rythmées par des rumeurs en tout genre, c’est finalement Tom Thibodeau, comme par hasard un ancien client de Leon Rose, qui fut choisi.
Une première décision qui divisa les observateurs des Knicks mais qui, comme pour la nommination de Rose, demandera un peu de temps avant de réellement pouvoir être appreciée à sa juste valeur.

Parce que oui, les New York Knicks en ont vu passé beaucoup. Des joueurs, des coachs, des dirigeants aux belles paroles. Vantant implication, travail, sérieux et envie de gagner, volonté de réussir. Si Leon Rose a su écrire de bien belles pages de sa carrière d’agent de joueur, on lui souhaite d’en écrire d’aussi belles de sa toute nouvelle carrière de président des Knicks. Et le moins que l’on puisse dire c’est que la tâche qui l’attend est de grande ampleur. Mais à New York tout est possible, même les rêves les plus fous, tant qu’on a la volonté de réussir et que l’on s’en donne les moyens. Rose aurait pu profiter de sa confortable vie d’agent, largement à l’abris du besoin et sans l’exposition si particulière que peut avoir New York et encore plus les New York Knicks.

Mais comme le chantait si bien Frank Sinatra, Leon voulait relever ce job, voulait relever ce défis.
I want to be a part of it
New York, New York
(…)
I’ll make a brand new start of it
(…)
If I can make it there, I’ll make it anywhere
Good luck Leon! (même si pour ta première lottery ça ne t’as pas souri)

Et si vous voulez en lire un peu plus sur Leon Rose :
A Concierge to nba stars par le New York Times

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